sanglier vision OEIL

Le regard tendu il parcourt les vastes plaines pour sentir enfin la belle prairie.

Dans l’échine les poils frappent les sens, car la peur de voir sans masque est au ventre qui se retire.

La perception s’ouvre et le cœur entrelace ses méandres.
Il suffit de se retourner vers le ciel qui alors rassure, l’œil agrandi de soi voit enfin ce qu’il ne voulait pas regarder.
L’effrayante perception demande le courage du sanglier, capable de prendre sa force dans ce poitrail puissant, maître des forêts obscures et de l’humus.
La peur au ventre cette force bondit sur moi sans bouger du sol dont elle frappe l’empreinte d’un sabot à deux fourches.

Je fuis cette force incapable de discernement quand elle se tapit dans le sous bois pour guetter, mais j’implore sa venue pour savoir qui je suis et d’où je viens.
Je suis ce sanglier qui ouvre le chemin et pousse sur son passage les sombres feuillages pour mener vers la belle clairière.
Je nettoie comme on laboure la terre des souvenirs ensevelis pour renaître enfin et avancer dans la clarté de soi.

Par la forme même de ma vie, je choisis de conquérir les places fermées pour percevoir ce qui est caché. Je reconnais pouvoir trouver la route qui conduit au sommet, à cette virevoltante parure sur les têtes dressées.